Logement social en Corrèze : manque des pierres à l’édifice
Alors que la précarité augmente dans le département, un rapport commandé à l’origine par le conseil général souligne les insuffisances de sa politique du logement social.
Cette étude menée par le cabinet Fondation des villes pointe “la faiblesse de l’action sur l’offre et sur la qualité des logements, la faible structuration du plan et de son animation, l’absence d’outils efficaces de suivi”. Un diagnostic qui a pour conséquence que seulement 250 personnes par an peuvent trouver un logement dans le parc quand près de 876 demandeurs à bas revenus (dont 238 à très bas revenus) et probablement plus de 1000 pour tout le parc HLM, déposent un dossier auprès d’un des offices de la Corrèze.
Les besoins sont bel et bien là, correspondant à “une reprise de la précarité”. Les bénéficiaires du RMI ou de l’allocation chômage représentent déjà environ 4 demandeurs sur 10. Mais Fondation des villes estime “nécessaire de prendre en compte de nouvelles populations en difficultés : travailleurs pauvres représentant 30% de la demande en 2006 quand sur une période plus longue (2002-2006), ils ne représentaient que 19% de cette demande ; jeunes en difficultés plus présents passant de 11% de la demande en 2004 à 17% en 2006…”
Que met le Département en face ?
Le rapport souligne en termes choisis “La faiblesse de l’action sur l’offre”. Lecture : “Les outils sont déficients : pas d’accord collectif départemental, très peu de logements produits, un dispositif de relogements prioritaires qui traite peu de cas… Ce parc est très faible (presque deux fois moins, par habitant, qu’au niveau national) et il ne comprend que 3,8% de logements très sociaux. Les organismes consacrent de plus en plus d’attributions à des ménages à bas revenus (près de 80% ont moins de 60% du plafond de revenus HLM) mais le taux de demandeurs à très bas revenus qui trouvent ainsi une solution tend à baisser malgré une rotation soutenue des locataires (12%).”
Conséquences ? “Le public en difficultés rencontre des problèmes croissants pour se loger dans le parc social, le parc privé est le principal offreur de logements pour les personnes défavorisées. Il représente 55% des allocataires CAF à bas revenus.”
Mais il faut poursuivre. Le rapport souligne en effet le “ peu de moyens d’intervention sur la qualité des logements. Le repérage des logements non décents a mis en évidence l’importance du parc des mal-logés dans le département, soit déjà une centaine de logements expertisés. depuis le début de l’action. Les engagements de propriétaires en vue d’effectuer les travaux sont limités en nombre. Les différentes aides proposées ne traitent au total qu’une centaine de logements par an, principalement occupés par les propriétaires, alors que le parc inconfortable occupé s’établit à plus de 3500 logements.” Bref, il y aura du pain sur la planche pour une nouvelle majorité.
Deux années de déficits cumulés du musée Jacques Chirac, dix ans de rénovation du parc HLM départemental
Le parc de logements de l’office départemental représente 3305 logements, soit 31% du parc HLM en Corrèze.
Le conseil général y a consacré 2 millions d’euros ces 6 dernières années, soit un peu plus de 333 000 € par an en moyenne.
L’actuelle majorité départementale prévoit d’investir 250 000 € par an pendant les quatre prochaines années… soit moins que le déficit annuel du musée Jacques Chirac.
Deux années de déficits cumulés du musée, c’est dix ans de rénovation du parc HLM départemental.