L’interview : François Hollande : Préparer ensemble un autre avenir que celui du “chacun pour soi”.
L’Espoir : Tu as décidé de briguer la présidence du conseil général en étant candidat aux élections cantonales.
François Hollande : J’ai décidé de donner un coup de main à l’équipe des conseillers généraux de gauche qui défendent depuis de nombreuses années, sous la houlette de René Teulade, l’intérêt des Corréziens. Ils le font avec une constance méritoire, malgré l’espace réduit que leur laisse une droite départementale peu portée sur le respect des opinions contradictoires.
Mais pourquoi être candidat précisément maintenant ?
Nous sommes à un moment important de notre vie politique départementale. La Corrèze a besoin d’un triple changement : d’équipe, de méthode, de cap. Vous connaissez le contexte difficile auquel nous sommes confrontés : mal gérée et mal dirigée, la Corrèze, avec l’actuelle majorité est dans une fuite en avant financière particulièrement périlleuse, l’Etat n’assume plus ses responsabilités et cherche à faire des économies sur le dos des collectivités locales dans leur ensemble.
Les Socialistes ont aujourd’hui une responsabilité : en conquérant de nouvelles responsabilités locales, ils peuvent contribuer à amortir les chocs de la politique menée par Nicolas Sarkozy, et montrer, par leurs engagements locaux, qu’une autre exercice du pouvoir est possible, et que nous avons à proposer des choix solidaires pour nos territoires.
Dans le même temps, il faut que les Socialistes mettent à profit ces échéances locales pour montrer toute leur utilité.
Les gains de nouveaux Départements (la gauche en détient déjà une majorité) contribueront à prouver que nous sommes en capacité de mener les politiques innovantes en matière de logement, d’accueil des jeunes, de développement technologique… pour répondre aux besoins de la population.
Ce ne sera pas facile dans un contexte où l’Etat n’assume plus ses responsabilités et cherche à faire des économies sur le dos des collectivités locales dans leur ensemble…
… et va très vraisemblablement appliquer un plan de rigueur sans précédent après les élections et entraîner une amputation supplémentaire du pouvoir d’achat. Sur ce point, il ne faudra pas ajouter aux conséquences de cette rigueur prévisible et je m’engage à faire prévaloir la modération fiscale, alors que la droite n’a cessé d’alourdir la pression fiscale : 5% par an depuis 6 ans.
Dans ce cas là, il faudra établir des priorités, faire des choix. Quels seraient-ils ?
Il faut augmenter la population de notre département. Si on devait citer un objectif, ce serait atteindre 10 000 nouveaux Corréziens d’ici à 2015. Pour cela, il faut faire de la Corrèze, bien plus qu’aujourd’hui, une terre d’installation, et renforcer son attractivité.
Quels sont les domaines où la Corrèze devrait être exemplaire ?
L’éducation, avec des conditions pour une réussite scolaire ouverte à tous ; le logement, avec des aides à la réhabilitation ; l’emploi, avec une priorité à l’insertion des RMistes, beaucoup trop nombreux dans notre département ; les personnes âgées, avec un environnement propice à un vieillissement dans la dignité ; la sécurité, avec un accent mis sur la prévention… voilà esquissés quelques domaines où les Socialistes, au conseil général, mais aussi dans toutes les assemblées locales doivent faire porter leurs efforts pour retisser du lien social que les choix de Nicolas Sarkozy aboutissent à distendre.
C’est une tâche exaltante !
Précisément, et j’invite tous les élus, militants et sympathisants socialistes à se mobiliser de toutes leurs forces pour relever ce défi, afin de préparer ensemble un autre avenir que celui du “chacun pour soi”.
Photo : Solfé Commnication